Petit détour par la Venise de l’Orient …

Suzhou, belle Suzhou !

Selon un proverbe chinois, « Au ciel il y a le paradis, sur terre il y a Suzhou et Hangzhou ».

Quel meilleur lieu que Suzhou pour conclure la route de la soie ! En effet, Suzhou était et cela depuis le 6ème siècle (et l’est encore), un important centre de fabrication et de commerce du précieux tissu. C’était d’ailleurs, la capitale de la soie où venaient s’approvisionner de nombreux marchands vénitiens. 

Nous avons parcouru près de 2000 km pour rejoindre ce petit coin de paradis qui s’intégrait parfaitement dans le thème de notre voyage et dans notre semaine de repos !
Après 14h30 de train grande vitesse, nous sommes arrivés heureux comme des poissons dans l’eau dans la Venise de l’Orient.

Tracy et Xiao Xiao nous attendaient dans le hall d’une des 4 nouvelles gares de Suzhou. Et oui, depuis 2010, Suzhou s’est équipée de gares modernes, et à l’apparence d’aéroports.Après un petit dîner nocturne cantonais, nous sommes arrivés au Somerset Emerald City de Suzhou New District, l’hôtel que dirige Tracy.
Nous sommes accueillis comme des rois, un appartement d’une centaine de mètres carrés, un lit comme nous n’en avons pas vu depuis bien longtemps, un salon et une cuisine ! Cerise sur le gâteau, buffet à volonté pour le petit déjeuner !Durant ce séjour de 5 jours, nous avons enchaîné les visites de la ville en passant des quartiers historiques au nouveau centre habité de hauts buildings et d’éclairages multicolores la nuit, de dégustations de snacks et spécialités suzhounaises, d’une escapade d’une journée à Shanghai, de pots aux vues spectaculaires et tutti quanti !

Nous sommes repartis lundi matin, bien reposés, le ventre rond, et prêts à remonter nos petites reines.

Quel plaisir de revoir des amis si lointains !

Le chapitre « Route de la Soie » étant dorénavant clos, nous partons demain vers Leshan pour de nouvelles aventures plus tropicales cette fois !

Derniers jours de montagne avant le grand dépaysement !

Chers tous,

Ne pensez pas que nos dernières journées de vélo depuis Garzi pour regagner de plus basses altitudes aient été de tout repos ! Avant de redescendre, nos pauvres petites gambettes n’ont pas chaumé !

Magnifiques, pleines de rencontres (avec des cyclistes chinois avec qui nous avons pédalé d’ailleurs ) et bien sportives, telles ont été nos dernières journées de haute montagne!

Les paysages toujours fidèles à eux-mêmes … époustouflants ! Nous avons retrouvé Tagong, petit village tibétain que nous avions visité il y a deux ans … Peu de changements mis à part les quelques bâtiments restaurés et nouveaux hôtels et restaurants .

Nous quittons Tagong plein d’entrain sous en grand ciel bleu pour notre dernière journée et demi de vélo avant notre arrivée à Chengdu.

La journée se termine dans un grand brouillard glacial et face à un vent violent. Nous décidons de planter la tente malgré les mises en garde des policiers qui craignent que nous nous transformions en deux blocs de glace durant la nuit ! Nous leur expliquons que nous sommes équipés de duvets en plumes d’oie et de grosses doudounes, ce qui semble les rassurer !

Le lendemain, nous dévalons enfin la montagne à toute berzingue ! Quel bonheur ! Nous n’avions pas eu de telles descentes depuis des lustres ! Nous arrivons en pleine forme à Kangding d’où nous prenons un bus dès le lendemain pour Chengdu !

Chengdu, can do !

Et oui ! Nous retrouvons Kungfu Guigui venu tout droit de Singapour pour trois jours de folie sous la pluie !

ps: les photos sont dans le désordre, nous tâcherons de régler le problème rapidement.

 

 

Tashi delek !

Plus que 100 km pour atteindre la frontière chinoise ! Quelle hâte ! Les 1001 saveurs de la délicieuse cuisine chinoise nous attendent.

Les derniers coups de pédale au Kirghizistan sont sensationnels. Après une journée de 90 km comme nous n’en avions pas pédalée depuis belle lurette, nous arrivons à la frontière Kirghizie-Chinoise juste à l’heure de la fermeture. Nous nous retrouvons au beau milieu d’une file de camions coincés là depuis 2 jours à cause d’une fête chinoise.

Au loin, nous apercevons une petite dame vêtue de bleu à l’apparence peu chinoise et peu kirghize. Effectivement ! C est une cycliste suisse, Bea, qui, comme les camionneurs s’est retrouvée bloquée là avec son mari Pete depuis 2 jours.

C’est avec eux que nous traverserons la frontière le lendemain matin.

Le passage de la frontière … quelle aventure ! La paranoïa chinoise rend la traversée compliquée. Après l’inspection scrupuleuse de nos 4 bagages par personne, nous devons trouver un moyen de transport pour parcourir 100 km de no man’s land sur le territoire chinois car il est interdit d’y circuler seul. Heureusement, un bus à destination de Kashgar accepte de nous transporter jusqu’à la prochaine douane. Après un démontage quasi complet des vélos, une longue attente de près de 2h pour que chaque bagage du bus soit également inspecté, nous sautons à bord pour quelques heures de trajet.

Là, à Ulugqat, d’autres douaniers nous attendent pour une seconde inspection tout aussi scrupuleuse de l’ensemble des bagages du bus. Nous nous voyons délestés de tous nos produits frais et après 2 nouvelles heures d’attente, nous pouvons enfin enfourcher nos montures pour nous diriger vers Kashgar, dans la province autonome et musulmane du Xinjiang.

Nous pédalons une 20aine de kilomètres avant de trouver un spot camping sur le terrain de paysans bien intrigués par notre matériel de camping.

Le lendemain nous dévalons tous les 4 une centaine de kilomètres avant d’entrer dans cette ville aux odeurs de moutons, de cumin et de feu de charbon, Kashgar.

Le ventre bien creux des ces semaines passées en haute montagne, nous nous précipitons dans un restaurant pour nous empiffrer de brochettes de mouton, de lamian (longues pâtes maison aux légumes, piment et viande), de momo (raviolis locaux) et de riz sauté.

Nos nouveaux compagnons, Bea et Pete, sont un peu moins goulus…

Le ventre bien rond, nous partons à la recherche de notre hôtel pour quelques jours de repos.

Au programme, dégustation de tous les plats possibles et imaginables au marché de nuit, visite du marché aux bêtes le plus grand d’Asie Centrale et quelques jours au lit et aux toilettes pour payer notre gloutonnerie …

A nouveau d’aplomb, le ventre rond et les jambes reposées, nous prenons un bus pour Golmud, ville au nord du Qinghai en compagnie de Marie, une française, Linda et Manuel, des cyclistes autrichiens rencontrés dans notre hôtel de Kashgar.

A Golmud, il est temps de faire nos réserves pour notre prochaine étape ; la montagne himalayenne.

C’est sous un grand soleil que nous quittons Golmud pour gravir les hauts sommets tibétains.

Sur la route Golmud – Lhassa (que nous quitterons ensuite pour rejoindre Yushu car il nous faut un permis spécial pour le Tibet autonome), nous traversons des kilomètres de terrains militaires où sont exposés des centaines de tanks, de tentes et d’autres véhicules militaires.

Après trois jours dans ce paysage peu invitant, nous gravissons, sous une tempête de neige et de grêle le plus haut col de notre voyage – le Kunlun Shan Kou à 4768 m.

La tempête a duré 3 jours. Nous avons fini cette première journée sous les tentes d’ouvriers chinois qui nous ont chaleureusement accueillis sous leur toit en nous voyant tétanisés par le froid. Installés auprès du poêle à charbon, ils nous ont gentillement nourrit et dorloté.

Nous avons passé le deuxième jour de tempête avec eux, et le troisième, un camion nous a avancé d’une centaine de kilomètres.

Pensez-vous qu’après avoir gravit un col à près de 4800 m d’altitude on redescend ? Et bien non !

A partir de là, nous sommes restés perchés entre 4200 et 4700 m à monter et descendre des cols dans des températures oscillant entre – 1 et 3 degrés en journée et allant jusqu’à – 10 la nuit, sur des pistes minées de nids de poules et nappées de boue.

Heureusement, le spectacle des paysages, des couleurs blanches, vertes, ocres, rougeâtres et marrons, d’animaux de toutes sortes ; loups, renards, gazelles, kiang (ânes sauvages du Tibet), mulots, marmottes, aigles, vautours, moutons et yaks, des défilés de Lamas dans les villages aux couleurs éclatantes compensait largement tous ces efforts.

Le soir, dès que le soleil se couchait, nez coulant, mains gelées, pieds glacés et lèvres gercées, nous nous précipitions dans nos duvets de plumes d’oie.

Nos quelques haltes dans les villages tibétains nous permettaient de nous chauffer un peu, de nous délecter autour de plats savoureux chinois et de nous reposer.

Après une journée de pause bien méritée à Garzi, à 730 km de Chengdu, capitale du Sichuan, nous reprenons demain la route pour traverser d’autres spectaculaires plateaux tibétains avant de retrouver Guillaume dans 10 jours à Chengdu.

Grosses bises